12/08/2009

Le Green New Deal, qu'est-ce donc?

Le Green New Deal, c’est un terme que nous entendons de plus en plus souvent mais dont la signification nous échappe parfois.

 

Simplifié à l’extrême - souvent par ses opposants - le Green New Deal ne serait qu’un mécanisme temporaire de soutien des entreprises, à la sauce verte.

 

Or un Green New Deal est un ensemble bien plus riche de mesures, qui restitue à la société une harmonie de ses trois pans : l’économie, le social et l’écologie.

 


Un Green … quoi ??

Le terme « Green New Deal » vient du « New Deal »[1] de Roosevelt. Comme son illustre ancêtre, le « Green New Deal » vise à réformer les marchés financiers et à redynamiser l’économie ainsi qu’à soutenir les couches défavorisées de la population. Mais il prend en compte une nouvelle dimension : l’écologie. En investissant dans les énergies propres et en réalisant les grands travaux d’infrastructure qui rendront notre société plus durable, de nouveaux emplois sont créés et la société mieux préparée à affronter les enjeux du futur.

 

Quel rôle pour l’Etat

L’Etat se doit d’avoir un rôle dans le Green New Deal. Il peut agir en accélérateur de l’adoption des technologies à tous les niveaux : privés, bâtiment, entreprises. Un projet industriel seul peinerait à fédérer suffisamment de forces pour réformer durablement nos systèmes de production.

 

Et nous réalisons progressivement que nous disposons de peu de temps pour effectuer les changements qui rendront notre société véritablement durable. C’est d’ici 2020 (…demain !) que nous devons devenir une société à 2000 watts et nous responsabiliser par rapport aux  ressources à notre disposition. Si l’on en croit le rapport Stern[2], l’impact négatif sur l’économie du « laisser-faire » serait bien plus important que l’investissement à réaliser pour diminuer dès maintenant les effets du réchauffement climatique. Ainsi, investir maintenant sera bénéfique à l’économie !

 

Et Genève dans tout ca ?

Créer une « nouvelle donne » à Genève ne suffira pas à « sauver le monde ». Mais réfléchir dès maintenant à la mise en application du « Green New Deal » au niveau cantonal permettra de redynamiser l’économie locale. De plus, Genève a les caractéristiques pour devenir un modèle de mise en application. Elle jouit d’une aura internationale, dispose d’une industrie financière importante et reste la plus petite des grandes villes.

 

Ainsi, je m’appliquerai semaine après semaine à vous donner des exemples concrets d’application, à Genève et ailleurs… 

 

09:00 Écrit par Aurore Bui dans Economie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : politique, ecologie, social, développement durable | |  Facebook

Commentaires

Le problème est surtout que notre système économique est basé sur la croissance infinie et la recherche de maximalisation du profit privé. Si le Green New Deal n'entend rompre ni avec l'un ni avec l'autre, il ne résoudra en rien la crise écologique. Au mieux on aura un peu plus d'énergie solaire, un peu plus de vélos, un peu plus d'immeubles Minergie mais tant que la croissance économique se poursuivra, on continuera à brûler toujours plus de pétrole et de gaz...

ABE

Écrit par : Sandro Minimo | 12/08/2009

le New... machin prouve simplement que l'homme et la femme sont incapables de ne pas polluer.
Si ce n'est pas la nature, c'est la langue française! Par exemple dans le billet ci-dessus!... Il serait si facile de dire "Nouveaux marchés verts" ou "Nouvel enjeu vert"... Mais les plus grands pollueurs de la planète, les USA, sont également les plus grands pollueurs de notre langue. Roosewelt à bon dos... il est mort: il n'était pas durable!

Le New... machin, le développement durable! Mais qu'est-ce? C'est la caisse dans laquelle les écolos (canal politique) mettent tout en vrac pour obtenir des voix!

L'écologie (canal scientifique) est trop sérieuse pour être laissée entre les mains des politiques. La preuve: tous les partis s'y mettent, même les "bruns"!
Il faut ajouter que Vert, Rouge ou Rose (très pâle) mélangés donnent une couleur qui fait partie du camaïeu

Écrit par : Père Siffleur | 12/08/2009

Le système économique est basé sur la croissance infinie" relève M. Minimo, j'irai plus loin: le système économique est basé sur la croyance infinie! Non seulement en la "maximalisation du profit privé" mais aussi en une régulation "naturelle" qui apporterait plus et plus de richesse à chacun.

Contrairement à cette régulation mystique, le Green New Deal est un accord pour une régulation "consciente" et écologique de l'économie.

Il me semble que le New Green Deal permettra de pratiquer l'économie "consciente" et rationnelle. Et non "libérale".
Et oui, cela va demander une réflexion sur la nécessité du "toujours plus"... Ce n'est pas un problème mais une opportunité.

Jacqueline Roiz

Écrit par : Jacqueline Roiz | 25/08/2009

Mais alors que David Hiler et les Verts ne cessent de parler de Green New Deal, pourquoi alors sont-ils favorables à la modification de la loi fiscale sur laquelle on votera le 27 septembre et qui comprend notamment un bouclier fiscal entrant parfaitement dans la logique de "toujours plus"?

Écrit par : Sandro Minimo | 25/08/2009

Bonjour Sandro,

Je dirais que la position des Verts concernant la loi fiscale fait partie du choix d'une solution globale réaliste. Ce vote a été aprement discuté en AG, mais les avantages ont outrepassé les inconvénients de se prononcer pour.

Si nous avions dû voter sur le bouclier fiscal seul, il n'aurait jamais été accepté par notre parti et nos militants. Mais dans le cas présent, le bouclier fiscal fait partie d'un ensemble de mesures fiscales qui vont dans le bon sens.

Les familles vont être favorisées par le "splitting" et la réduction d'impôts va notamment toucher les classes défavorisées / moyennes.

De plus, le bouclier fiscal est une version très "light" de ce qui fût un temps proposé par d'autres partis...

Il n'y a donc pas incompatibilité d'humeur mais plutôt recherche de la solution la plus équilibrée et applicable avec le consensus actuel au gouvernement !!

Aurore

Écrit par : Aurore Bui | 26/08/2009

Mme Bui,

Les familles vraiment défavorisées ne paient pas ou très peu d'impôts car leur salaire ne leur permet pas. Elles sont par contre les premières bénéficiaires des services publics (école, transports publics, crèches, aides au logement, etc.) dans lesquels il faudra couper suite à cette baisse d'impôts. Elles vont donc souffrir de ces cadeaux fiscaux, tout comme une bonne partie de la classe moyenne.

Sur le principe même d'une baisse d'impôts pour la classe moyenne, je ne suis même pas certain d'être d'accord. Certes, il faut changer quelques mesures injustes pour les couples mariés et la réforme du splitting peut y contribuer. Mais pourquoi diminuer la fiscalité sur les classes moyennes? Pour qu'ils consomment plus? Pour qu'ils achètent des bagnoles? Pour qu'ils se paient des vacances avec Easy Jet? J'avoue ne pas saisir le moindre soupçon de cohérence écologique là-dedans. Notre classe moyenne vit déjà avec un mode de consommation impossible à généraliser à l'échelle globale, comment justifier qu'on veuille relancer leur consommation quand on se dit "vert"?

Expliquez-moi SVP!

Le bouclier fiscal, même "light", est un principe absolument scandaleux qui va dans le sens contraire d'une progressivité (donc d'une justice) de la fiscalité. C'est un cadeau fait aux plus riches, ceux dont l'empreinte écologique

La seule solution "réaliste" étant donné l'effort monumental que requiert la crise écologique c'est précisément de faire l'inverse, c'est-à-dire hausser la fiscalité sur les hauts revenus et les grandes fortunes pour dégager les milliards nécessaires à l'isolation des bâtiments et à la mise en place des transports publics pour diminuer massivement le trafic automobile.

Au lieu de ces visions indispensables à long terme, les Verts sont embourbés dans une logique d'accompagnement du libéralisme qui nous précisément mené dans la catastrophe actuel.

Il est temps de mettre un frein à ces idioties qui ne sont que le fruit de l'asservissement de votre parti à la doxa libérale de votre charismatique conseiller d'Etat en charge des finances, qui ne cesse de tirer ce parti vers le néant absolu, c'est-à-dire de la peinture verte sur le libéralisme le plus cruel.

Comment est-il possible de ne pas se rendre compte que l'avenir n'est pas à "la relance de la consommation pour faire tourner le commerce" comme le dit si bien Hiler, mais plutôt à la taxation la plus forte possible sur les hauts revenus pour dégager un maximum d'argent pour mettre en place la transformation écologique urgente de notre société et l'aide aux peuples qui souffriront des catastrophes (engendrées par notre civilisation occidentale) qui va nous coûter des milliards!

Le nez dans le guidon du système, c'est jamais bon! Il faut voir les choses dans leur ensemble, les paysans du sud, le milliard d'êtres humains qui ne mangent pas à leur faim, le réchauffement climatique qui menace la vie de millions de personnes, la fin prochaine du pétrole, etc. etc.

Si on prend même vaguement conscience d'un seul de ces éléments, toutes ces histoires de baisses d'impôts paraissent immédiatement complètement décalées...

Écrit par : Sandro Minimo | 26/08/2009

Rebonjour Sandro,

Je suis sensible à nombre de vos arguments, même si comme vous l'avez compris, je ne partage pas votre analyse finale.

Si vous regardez bien les mesures proposées (et pas seulement le paquet fiscal), l'heure est à l'investissement et non au désinvestissement. Qu'on l'appelle le Green New Deal ou qu'on les nomme tout simplement "mesures de soutien", l'heure n'est pas à la réduction de prestations !!

Que vous appréciez ou pas la politique de David Hiler, le fait est que lorsque l'économie était en meilleure forme, des économies ont été faites, qui permettent désormais de maintenir les prestations en période de vache maigre. Si alors ces familles défavorisées ne perdent pas de prestations mais se trouvent allégées de quelques impôts, cela me semble une mesure hautement favorable.

Sur le fait de savoir si la croissance doit être relancée, je partage votre analyse. La croissance à tout prix n'est pas une valeur des Verts. Mais je pense juste et même essentiel le rééquilibrage qui va s'opérer pour les familles, et cela pour toutes les classes sociales.

Pour le bouclier fiscal, comme je vous l'ai dit, c'est une version "light", qui s'inspire des modèles appliqués notamment sur Vaud, et a un coût minimisé. Je ne vous l'ai pas caché, c'est un "compromis" pour l'acceptation des mesures de splitting qui sont très importantes et bénéficient au plus grand nombre.

Le Green New Deal - puisque c'est le sujet d'origine - permettra la réalisation des travaux majeurs pour le développement de l'infrastructure, la réalisation des objectifs en termes d'isolation / assainissement mais aussi investissement dans les technologies vertes (voir notamment la proposition 22 que vous pourrez trouver sur le blog 100propositions.blog.tdg.ch)

Je me doute que je ne vous ai pas convaincu avec ces quelques mots, mais pour avoir beaucoup étudié le sujet récemment, je suis moi-même très positive pour les changements à venir.

Et je discute volontiers de cela avec vous en direct a l'occasion !

Dernier point, mais non des moindres: la solidarité internationale, la fin de l'ère du pétrole ou encore le réchauffement climatique sont comme vous le dites justement à la base du raisonnement vert !!

Aurore

Écrit par : Aurore Bui | 26/08/2009

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