23/09/2009

Un exemple de relance "verte" - aux USA

Lors de son élection, Obama a annoncé un certain nombre de mesures qui peuvent s'assimiler à une "relance verte". Il déclarait en référence au volet nouvelles technologies et environnement de son plan de soutien à l’économie : "Nous allons mettre les Américains au travail, le travail que l'Amérique doit entreprendre dans des domaines critiques qui ont été trop longtemps négligés, le travail qui ouvrira un changement réel et durable pour les générations à venir"

Parmi les propositions:
- des aides aux populations pauvres et aux chômeurs
- de grands travaux d'infrastructure sur financement public (routes, lignes de chemin de fer, ponts, établissements scolaires…)
- des investissements dans les énergies renouvelables
- des crédits d'impôts

Avec ces propositions, Obama tablait ainsi sur la sauvegarde ou la création de 3,5 millions d'emplois dans les deux années à venir. "Ces emplois made in America, consistant à  fabriquer des panneaux solaires et des turbines à  éoliennes, à  mettre au point des véhicules 'verts' et de nouvelles technologies dans le domaine énergétique, ne peuvent pas être délocalisés"


Limites et critiques
L’une des premières interrogations sur ce plan correspond aux crédits d’impôts proposés pour les classes moyennes, qui visaient notamment à stimuler la consommation. Or ce but ne s'assimile pas forcément à une vision verte et durable de la société.

Si l'on fait une lecture rapide des propositions de baisse d'impôts à Genève, on peut être amené à faire la même critique. Mais une différence cruciale existe: ces baisses d'impôts visent à corriger une inégalité flagrante existant actuellement à Genève entre les couples mariés et non-mariés. De plus, elles visent l'immense majorité des couches de la population. Je considérerai comme très grave que cette injustice ne soit pas corrigée, car elle pourrait remettre en cause à plus long terme le libre choix du travail pour les deux partenaires au sein d'un couple marié.

De plus, du fait de la hauteur de l’investissement réalisé, la problématique de la charge de la dette pour les générations futures a été soulevée aux Etats-Unis. Concernant Genève, la politique anti-cyclique menée ces dernières années permettent d’envisager l’avenir avec confiance et de conserver ainsi un niveau de prestations sociales acceptables tout en handicapant pas l'avenir de nos enfants.

Enfin, la dernière interrogation majeure soulevée par le plan américain vient de l’aspect protectionniste de ce plan de relance. Ainsi, Obama a déclaré : "Mon gouvernement est déterminé à faire en sorte que, même lorsque nous prenons des mesures pour renforcer l'économie américaine, nous le fassions de telle manière qu'avec le temps, elles renforceront la capacité de nos partenaires commerciaux, comme le Canada, à travailler à l'intérieur de nos frontières." Cette clause a été violemment critiquée par la communauté internationale et finalement atténuée dans la version finale du plan, qui stipule désormais que celui-ci devra être conforme aux lois et traités commerciaux existants, c'est-à-dire aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Dans le contexte suisse, une problématique équivalente peut exister sur un thème comme le fameux « Cassis de  Dijon ». Doit-on protéger les producteurs locaux ou permettre aux produits de l’union européenne de rentrer en Suisse sans contrôle supplémentaire ? Doit-on accepter la « mondialisation » à l’échelle de l’Europe ou défendre notre terroir ? C’est une vraie problématique à laquelle selon moi il n’y a pas de réponse noir-blanc.

17:19 Écrit par Aurore Bui dans Développement durable, Economie, Genève, Monde, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cassis de dijon | |  Facebook

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