01/10/2009

Retour d'expérience sur le Green New Deal

Ce week-end se tenait à l’université Dorigny à Lausanne l’université d’été des Verts Romands sur le thème « Economie et Ecologie ».
Parmi les conférences et ateliers proposés, une après-midi était consacrée au « Green New Deal » :

Après un exposé brillant d’Adèle Thorens sur les origines du Green New Deal et les choix politiques pour une relance en Suisse utilisant le Green New Deal, la question s’est vite portée sur les enseignements à tirer pour effectuer une transformation durable de nos modèles économiques, qui intègre véritablement une prise en compte des impacts sociaux et économiques.

En ce qui me concerne, j’ai tenu un atelier sur l’application du Green New Deal aux niveaux cantonaux et communaux. En présence de nombreux élus communaux (d’Echallens à Pully en passant par Nyon, Genève et Fribourg), j’ai tenté de brosser un tableau des étapes de réflexion qui nous ont poussé à inscrire le Green New Deal comme parti prenante du programme des Verts pour les cantonales :
- l’avis des économistes au sujet du Green New Deal – une bonne ou une mauvaise idée ?
- les expériences récentes de relance verte – quels résultats ?
- en quoi peut consister un Green New Deal à un niveau d’action cantonale ?
- et les communes dans tout ca ?

Pour en savoir plus sur les enseignements qui en sont ressortis...


Les leçons fortes qui en sont ressorties sont selon moi les suivantes :

1. Prôner un Green New Deal au niveau cantonal implique :
- de réaffirmer des valeurs fortes sur les actions au niveau fédéral
- de trouver des points d’action spécifiques au niveau cantonal

Sans cette réaffirmation des valeurs, l’utilisation du terme « Green New Deal » paraît restrictive, car elle peut sembler ne s’appliquer principalement qu’à des mesures économiques. Pour symboliser une vraie « Nouvelle donne verte », elle doit faire référence à une action globale sur notre société.

2. Concernant le support à l’innovation, il est essentiel de penser région (suisse romande et éventuellement de manière transfrontalière) et de ne pas se limiter au niveau cantonal. Ceci permet de promouvoir la recherche et la formation sur les nouvelles technologies de manière consensuelle et évite de s’engager dans une vaine concurrence inter-cantonale

Les gouvernements peuvent ainsi agir en accélérateur de l’adoption des nouvelles technologies, là où un projet industriel seul peinerait à fédérer suffisamment de forces pour réformer durablement nos systèmes de production.

3. De manière très importante, ca n’est pas le fait qu’uniquement les lois fédérales pourraient « obliger » les entreprises  à revoir leur copie environnementale qui signifie que nous ne pouvons rien tenter au niveau cantonal. Ainsi, il existe une palette de mesures incitatives qui peuvent étayer le dialogue Etat-entreprises et favoriser le développement de la Responsabilité Sociale et Environnementale des entreprises.

L’état peut jouer un rôle de catalyseur des bonnes volontés et utiliser les indicateurs de durabilité pour orienter la promotion économique, attribuer des terrains aux entreprises ou encore décider des attributions de marchés publics.

L’aspect positif de cette approche est qu’elle permet d’être plus largement compris par les partis de droite car çà n’est pas une logique de régulation qui est mise en avant mais un mode collaboratif et de dialogue entre l’Etat et les entreprises et associations. Or avoir un projet de société, c’est bien, mais trouver des interlocuteurs pour le mettre en œuvre, c’est nettement mieux…

4. Enfin, concernant l’action communale, agenda21 peut être utilisé comme un outil de contractualisation entre les entités publiques. Ceci permet d’impliquer les communes dans la construction d’une nouvelle société…

15:08 Écrit par Aurore Bui dans Développement durable, Economie, Environnement, Genève, Région, Solidarité, Suisse, Université, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

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