23/09/2010

TEDxGeneva: utiliser le modèle Coca-Cola pour sauver le monde?????

J'ai eu la grande chance d'être invitée au très sélect évènement TEDxChange qui a eu lieu ce lundi à Genève, marquant le 10ème anniversaire des MDGs ("Millennium Development Goals" pour les intimes, soit les objectifs que la communauté internationale se fixe pour la réduction de la pauvreté dans le monde, l'égalité hommes-femmes ou encore la réduction de la mortalité des enfants).

Au programme, des intervenants locaux (Cheryl Hicks, Patrick Keenan...) nous parlent de sujets divers ayant à trait au développement international, à l'usage des réseaux sociaux pour des projets sociaux ou encore la problématique de la garde des enfants pour un projet de développement économique en Afrique. Mais aussi, un "live cast" de New York (heureusement, la technologie ne nous a pas lâchée...) avec des intervenants (encore plus??) prestigieux: Hans Rosling, dont je vous parlerai peut-être une prochaine fois, car il est fascinant, et Mme Melinda Gates.

Le sujet du jour: Est-ce que les méthodes Coca-Cola peuvent être appliquées pour créer un monde meilleur????
Ah, la, je sens que votre petit oeil endormi (c'est jeudi matin) vient de se demander quelles pouvaient bien être les arguments employés... C'est une théorie provocatrice, mais qui vaut la peine qu'on s'y intéresse.

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12/09/2010

Est-ce que l'individu ou l'entreprise prime?

J'ai été confronté récemment (une fois encore) au hiatus qui peut parfois exister entre les individus et le monde du travail, ou en tous cas à la frontière entre la vie privée et la vie professionnelle.

Petite mise en contexte: (comme si je n'avais pas deja assez à faire avec mon job, mes activités associatives et politiques et mon petit), je prends des cours postgrade dans le domaine du management des organisations internationales. J'espère y apprendre des compétences complémentaires qui me permettront de mieux faire mon travail et d'aider les associations à trouver des solutions qui les aident à mieux travailler tout en gardant leurs valeurs. Et la plupart du temps, c'est le cas: je rencontre des jeunes talentueux et des professionnels qui mettent leurs compétences au service des organisations. Parfois, cependant, je m'interroge sur le contenu, et sur l'éthique qui y est promue. Récemment, dans un cours de relations de travail, voici l'argumentaire qui a été mis en avant par le professeur: "Un de mes employés devait rendre un travail important pour une date précise. Il a mis deux jours de plus à le rendre, et la qualité de ce travail n'était pas bonne. Lorsque je l'ai interrogé sur la raison: il m'a dit que sa femme lui avait demandé le divorce quelques jours auparavant. Je trouve cela inacceptable et lui ai dit que si ca devait se reproduire, je m'en séparerai"

Hum hum... la, j'ai vraiment beaucoup de mal avec l'argumentaire. Ok, être en retard sur son travail peut causer des problèmes, il a nécessité dans ce cas que d'autres collègues passent leur week-end à corriger les erreurs qui avaient été commises. Mais on parle là d'un problème qui fait partie des quelques moments les plus pénibles de notre vie, ce qu'on aimerait ne jamais vivre.

Je vais vous raconter une autre anecdote, encore moins drôle.

Il y a une quinzaine d'années de cela, je travaillais avec un collègue qui était notoirement toujours en retard et mal organisé et sur lequel tout le monde râlait de manière proportionnelle. Il ne préparait pas ses réunions et arrivait la fleur au fusil, un bon quart d'heure après le début de la réunion. Lorsque nous avons eu une réunion plus importante encore et qu'il n'est pas du tout venu, le boss a appelé chez lui pour lui demander ce qui se passait. Et a appris que son fils venait de mourir.

 

Comme nous sommes dimanche matin, je ne vais pas rentrer dans un débat philosophique, mais simplement vous dire la chose suivante: s'il vous semble qu'un de vos collègues (ou a fortiori un de vos employés) n'est pas concentré sur son travail, donnez-lui le bénéfice du doute. Et plus important encore: parlez-lui avant que cela ne devienne un problème au sein de l'entreprise.

En connaissant (un peu) la vie privée de vos collègues, vous saurez peut-être les accepter tels qu'ils sont, ou peut-être serez-vous en mesure de les aider. Car au final, pour moi, l'individu doit parfois primer sur l'entreprise.

11:01 Écrit par Aurore Bui dans Développement durable, Economie, Femmes, Genève, Résistance, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook